La bibliothèque est un Pokémon

La bibliothèque n’a plus vocation à être une bibliothèque. C’est une phrase qui choque un peu, reformulons : la bibliothèque n’a plus seulement vocation à n’être qu‘une bibliothèque. Ce n’est pas grave ! L’utilisation du terme médiathèque depuis quelques années montre déjà l’évolution qui est en cours.

« Mais, que se passe-t-il ?! »

La bibliothèque est un Pokémon : elle est partie du niveau 1, où elle ne proposait que de la lecture sur place d’ouvrages précieux, à seulement un certain type de lecteurs. Puis elle a évolué au niveau supérieur, hop, du prêt de documents ! Et de cette manière-là elle a continué à évolué encore et encore : la musique, les films, la durée de prêt qui s’allonge, les heures du conte, les accueils de classe, les partenariats… C’est très caricaturé bien sûr : il y a eu de nombreuses autres petites évolutions, ça s’est fait petit à petit (vous savez, la barre bleue qui augmente très, très lentement ?), c’est toujours en cours dans certains endroits… Il n’y a pas de limite à cette évolution, puisqu’on n’est pas vraiment dans un jeu : pas de raison de s’arrêter à un niveau 100 !

« Strive to be your most evolved self! » par wuperruper sur Flickr.

Mais la bibliothèque est destinée à évoluer vers quelque chose de plus, et c’est déjà en cours : on parle de centre communautaire, de hub culturel. Les usagers de la bibliothèque de Saint-Nazaire dessinent leur médiathèque en 2030 : ils l’intègrent dans quelque chose de plus grand, dans un ensemble de services municipaux. Un endroit où l’on pourrait tout faire en même temps. Comme un centre commercial de culture : on n’achète pas de fringues dans trois magasins différents côte à côte, mais on emprunte des livres, de la musique, des films, et juste à côté on peut aussi déposer son enfant à la crèche, ou jouer aux jeux vidéos ou à des jeux de société avec ses proches, prendre un café, etc.

Un troisième lieu ?

Ce n’est pas la bibliothèque qui devient elle-même 3e lieu : elle s’intègre dans un ensemble 3e lieu plus grand. On ne peut pas intégrer tous ces services dans une bibliothèque : elle perdrait de sa vocation première je trouve. Beaucoup d’usagers sont encore très attachés au calme qui selon eux est censé régner dans une bibliothèque. Difficile de respecter cette envie si on veut aussi des espaces pour jouer, pour courir, pour chanter, pour danser… Est-ce que les Idea Stores sont toujours des bibliothèques ? Elles ont tellement évolué que tout le monde n’en est plus sûr… Pourtant ce qu’ils offrent est vraiment intéressant, et les statistiques le prouvent : c’est ce que le public recherche.

Cette réflexion est très légère bien sûr, et elle pourrait être poussée beaucoup plus loin ; cependant je trouve que c’est vraiment une bonne comparaison à faire pour comprendre les changements qui arrivent aux bibliothèques aujourd’hui. En évoluant, on change : c’est inhérent à chaque chose, et ça n’est pas nécessairement quelque chose de mal – au contraire.

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